samedi 23 mai 2009

Planète en surchauffe : y a-t-il vraiment urgence ?

Par Damien Grosset

L’OCDE publie un rapport catastrophe sur l’état des ressources planétaires à l’horizon 2030. Pénurie d’eau, extinction d’espèces, hausse considérable de la mortalité... Si les instances gouvernementales ne mettent pas le pied au plancher, le climat mondial risque de voir gris d’ici les vingt prochaines années.

37 %. C’est, selon l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), la progression des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Un chiffre qui fait froid dans le dos. Et qui, selon la publication du rapport tombé la semaine dernière sur les Perspectives de l’environnement, est voué à s’aggraver. Pour preuve, d’ici 2050, si les pouvoirs publics n’adoptent toujours pas de mesures écologiques adéquates, les émissions progresseront de 52 %.

Un bilan qui fait peur

Les conséquences du réchauffement climatique ? 4 milliards de personnes touchées par la pénurie d’eau, un quadruplement du nombre de décès prématurés dû à la dégradation de la qualité de l’air et une hausse considérable d’extinction d’espèces. Sans compter la recrudescence des catastrophes naturelles, telles que la sécheresse, les inondations, les tempêtes et consorts.

Une poussée de fièvre qui s’additionne avec l’évolution de la croissance économique et démographique. Hausse du niveau de vie, accroissement de la consommation,… La population, riche de 8,2 milliards d’habitants à l’horizon 2030 (6,5 milliards aujourd’hui), demandera 60 % de matières premières en plus (produits agricoles, bois, pétrole) dans les pays développés et 160 % dans les pays de demain (Chine, Brésil, Inde, Russie). Traduction : les superficies consacrées aux cultures énergétiques (les biocarburants, par exemple) devraient augmenter de 242 % d’ici 2030.

Pollueur-payeur ?

Quel remède pour contrer le constat de l’OCDE ? Si l’on en croit l’organisme, dédier 1 % seulement du PIB mondial avant l’échéance prévue - 700 milliards de dollars - dans des actions « vertes » amoindrirait la dégradation de l’environnement. Reste une autre mesure évoquée dans le rapport par le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, sensée reboucher le trou de la couche d’ozone : l’instauration d’une taxe carbone. Elle servirait à punir ceux qui absorbent les réserves planétaires ou qui polluent sans modération l’atmosphère. Un bémol, cependant : comment imposer cet impôt équitablement ? Pire encore, la pression des lobbies ne risque-t-elle pas de couper court à toute entrée en vigueur d’une telle mesure ?

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Pour l’expert, un seul outil peut réellement freiner la hausse des émissions de gaz à effet de serre : la taxe carbone.

Qui va payer cette taxe ? Ne risque-t-elle pas d’être inégalitaire ?
J-M.J: Elle n’est inégalitaire que pour ceux qui croient que l’on peut conserver le monde d’aujourd’hui sans mettre la main à la poche. De toute façon, le changement du climat et le manque de ressources en hydrocarbures provoqueront forcément une augmentation des prix du pétrole. Alors, mieux vaut payer tout de suite à un faible niveau que payer cher plus tard les conséquences du réchauffement. De cette manière, les plus modestes pourront mieux supporter la taxe.

Où irait l’argent prélevé ?
J-M.J: Déjà, il resterait à l’intérieur de nos frontières et n’ira pas dans les pays exportateurs, comme aujourd’hui pour le pétrole. Enfin, il pourrait financer des nouveaux programmes en matière d’agriculture ou d’urbanisme.

Par urbanisme, vous voulez parler de changement de mode de vie ?
Cela imposera les ménages à faire des économies et donc à préférer le vélo à la voiture, par exemple. La baisse du trafic routier développera le télétravail, l’arrêt de la construction de banlieues dortoirs, la faillite des hypermarchés éloignés des villes. Les industriels cesseront la fabrication de marchandises trop coûteuses en énergie et concevront des produits réparables. Tout ça, c’est pour la paix de nos enfants.

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