Prêter son chez-soi pour les vacances ? Un concept encore méconnu mais qui rencontre de plus en plus d’adeptes. Principe, témoignages, risques et avantages : toutes les clés pour passer des vacances gratuites… ou presque.
Troquer son appartement parisien contre un ranch dans les terres mormones ? Ou encore laisser à des inconnus sa villa tropézienne contre un trois pièces new-yorkais ? Telle est l’idée pour voyager et se loger pas cher. Et qu’importe si votre logement comporte moitié moins de pièces que celui de votre correspondant. Car le but n’est pas de se prélasser dans un confort type Club Med. Ici, c‘est plutôt une formule économique et conviviale, du genre de celle destinée aux curieux en quête d’un nouveau mode de vie le temps d’une quinzaine.Un concept nouveau ?

Pas vraiment. Sa pratique remonte aux années 50 du siècle dernier. Mais la démocratisation d’internet le dévoile au grand jour. La preuve : environ 250 000 trocs s’effectuent dans le monde à travers la toile. Et pour en profiter, rien de plus simple. Il suffit de s’inscrire sur un des nombreux sites spécialisés. Validation des accords entre membres, règlement de l’adhésion : la souscription ressemble de près à un contrat. Reste à l’organisme à mettre en ligne votre recherche et votre logement. Après, c’est à vous de jouer.
Faire confiance
"C’est la meilleure façon de vous donner un pied à terre pour visiter d’autres pays", déclare Michel, adepte de la formule de l’échange de maison. Preuve en est : il réitère l’expérience pour la troisième année consécutive. Comment a-t-il connu le procédé ? Grâce à Serge Dugas, créateur du site echangedemaison.com, spécialisé en la matière. Prévention des risques, conseils, propositions d’échanges : Serge ne joue que les entremetteurs.
Pour le reste, ce sont les participants qui rentrent en action. "Ils échangent leurs coordonnées, entrent en contact et tâtent le terrain", souligne Serge, comme pour se décharger de toute responsabilité. Un détachement qui n’effraie pas les plus aventuriers. "Ce qui me soulage, c’est de savoir que l’on peut encore faire confiance", affirme Michel. Même chose pour Viviana et Giordano qui ont conclu l’été dernier leur sixième échange. Pour ces italiens, il n’y a pas que la découverte d’une nouvelle façon de vivre qui prime. "C’est surtout les échanges humains, ajoutent-ils. On se caline un peu entre familles: on s’envoie des cadeaux ou on s’en laisse avant de partir de chez eux".Gérer l'imprévu
Que les moins avisés se rassurent : les risques sont contrôlés. "Les cas de plaintes, c’est pas plus de 1 %", affirme Serge. Mieux encore, il propose de signer un contrat entre les membres. "Il n’a pas de véritable valeur légale, c’est juste qu’il rassure les contractants", reconnaît-il. Mais le document a une valeur morale. Il garantit deux choses. Déjà, que l’adhérent n’a aucun avantage à dégrader votre maison, juste parce qu’il sait que vous pouvez en faire autant. Et que si l’un d’eux supporte deux plaintes consécutives, il est suspendu par l’organisme.

Reste un moyen essentiel pour contrecarrer les imprévus : votre assurance. D’une part, pour l’habitation, en cas d’incendie ou de dégât des eaux. Optez pour "une garantie villégiature", elle est une extension à votre contrat vous immunisant lors de séjours de moins de trois mois. Enfin, pour la voiture : imposez dans les clauses une limitation de kilomètres, par exemple.
Cerise sur le gâteau : mettez à l’aise ceux qui occuperont votre coucher. Faites leur visiter les lieux, invitez les à dîner, donnez leur quelques conseils sur les bons plans de votre région. Et puis surtout, faites leur confiance : ils vous le rendront bien.
Infos pratiques
Le site de Serge Dugas : echangedemaison.com
Montant de l’adhésion : 45 € pour l’année ou 89 € pour une consultation des annonces à vie.
